«Manu, mais comment tu vois?»
Confronté depuis l’enfance au risque de devenir aveugle, le réalisateur franco-suisse Manuel von Stà¼rler a ressenti le besoin d’en savoir plus sur ce que signifie réellement voir ou ne pas voir. De ce voyage initiatique, plein de poésie, est né le documentaire «La Fureur de voir», en compétition au festival Visions du réel. swissinfo.ch : Après avoir étudié la musique et la composition, vous avez réalisé, en 2012, votre premier film «Hiver Nomade», désigné meilleur documentaire européen. Comment est née votre passion pour le cinéma? Manuel von Stà¼rler: J’ai toujours eu une grande passion pour la photographie, notamment parce qu’elle me permet de voir le monde mieux que je ne le vois habituellement. J’ai un problème à la rétine, et ma perception visuelle est limitée. En faisant des photos, je peux observer des détails qui, autrement, m’échapperaient, en rapprochant l’image des yeux ou en l’agrandissant. Lorsque j’étais jeune, j’ai fréquenté régulièrement des cours ...