Le développement technique n’attend pas les plus pauvres
Rien n’arrêtera la numérisation de l’agriculture, lit-on souvent. Il est question de tracteurs pilotés par GPS, de robots sarcleurs, d’échanges de données par Internet ou de drones qui survolent les champs. Ce phénomène ne touche pas seulement les agriculteurs sous nos latitudes, mais aussi les petits paysans des pays du Sud. L’aide au développement a donc depuis longtemps appréhendé cette évolution. «Encore dans les années 1990, on pensait que l’ordinateur et tous les nouveaux médias ne concerneraient pas l’aide au développement», se souvient Manuel Flury. Ce dernier est co-responsable de la Division Programme global Sécurité alimentaire auprès de la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC). On partait alors du principe que le développement de la technologie se déroulait de manière linéaire – mais aujourd’hui, on sait que ce n’est pas le cas. «La technologie fait de sauts, sinon, la révolution de la téléphonie mobile n’aurait pas connu autant de succès en ...