La Libye découvre le cinéma comme arme de paix
Ecartelée entre deux gouvernements et une dizaine de factions qui se disputent le pouvoir, la Libye cherche une issue à la crise de l’après-Kadhafi. Et alors que l’on tentait de négocier à Genève, de jeunes réalisateurs ont présenté à Locarno des images inédites de leur pays qui ont déjà valeur de document historique. «Bien sà»r qu’il est risqué de faire des documentaires en Libye, mais dans un certain sens, nous sommes obligés de jouer avec le feu. Toute la difficulté est d’être suffisamment intelligent et créatif pour raconter les tabous sans les évoquer directement, sans provoquer trop la société.» Muhannad Lamin a 25 ans, le regard profond et la voix assurée. Ayant grandi à Tripoli, il appartient à une nouvelle génération de cinéastes qui a émergé après la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Sa mort, en octobre 2011, a mis fin à 42 ans de dictature et de silence. C’est dans ce contexte postrévolutionnaire que le Scottish Documentary Institute a décidé de se ...