Rachats de crédits : baisser ses mensualités ne signifie pas forcément économiser de l’argent

Rachat de crédits : près de 9 emprunteurs sur 10 réduisent leurs mensualités, mais à quel prix ?
Le regroupement de crédits (ou rachats de crédits) est souvent présenté comme la solution de dernier recours pour les ménages ayant accumulé trop de dettes. Une étude OpinionWay réalisée pour le courtier Ymanci montre une réalité plus nuancée : si les difficultés financières restent une motivation importante, le rachat de crédits est également utilisé pour réduire ses mensualités, simplifier son budget ou dégager une nouvelle capacité de financement. L’enquête a été réalisée du 29 mai au 15 juin 2026 auprès de 1 001 personnes ayant déjà effectué un regroupement de crédits. Il faut donc bien interpréter ses résultats : il ne s’agit pas d’un sondage auprès de l’ensemble des Français, mais d’une photographie des personnes ayant effectivement eu recours à cette opération financière.
Le rachat de crédits ne concerne pas uniquement les ménages surendettés
C’est probablement le premier enseignement de l’étude. Le regroupement de crédits reste majoritairement associé à une situation financière fragilisée : 57 % des personnes interrogées indiquent qu’elles se trouvaient dans cette situation avant l’opération. Mais ce n’est donc pas le cas de tout le monde. La différence est particulièrement sensible chez les moins de 35 ans : près de six sur dix déclarent que leur situation financière était plutôt confortable avant leur regroupement. Le rachat de crédits peut donc également être utilisé comme un outil de gestion financière et non uniquement comme une réponse à une situation devenue incontrôlable.
Près d’un emprunteur sur deux cherche avant tout à réduire ses mensualités
La première motivation reste sans surprise la baisse des mensualités, citée par près d’un Français concerné sur deux. Mais 24 % évoquent également la simplification de la gestion de leurs différents crédits, 17 % la volonté d’éviter le surendettement et 10 % le financement d’un nouveau projet. Regrouper plusieurs crédits immobiliers ou à la consommation en un seul financement permet effectivement de retrouver une mensualité unique et éventuellement une marge de manœuvre budgétaire. Le gain immédiatement visible se trouve alors sur le compte bancaire chaque mois : les prélèvements diminuent et le reste à vivre augmente.
89 % constatent effectivement une baisse de leurs mensualités
Sur ce point, les résultats de l’étude sont particulièrement nets. Avant l’opération, près de quatre personnes interrogées sur dix rencontraient des difficultés pour payer leurs mensualités. Après le regroupement, 89 % déclarent constater une baisse de leurs remboursements mensuels. Pour 43 %, cette diminution se situe entre 10 % et 30 %. Au total, 86 % considèrent que leur situation financière globale s’est améliorée et 24 % estiment même qu’elle s’est fortement améliorée.
Une mensualité plus faible ne signifie pas forcément un crédit moins cher
C’est le point essentiel qu’il ne faut surtout pas oublier derrière ces chiffres. Réduire une mensualité ne signifie pas nécessairement réduire le coût de ses dettes. Pour obtenir une mensualité sensiblement plus faible, la durée de remboursement peut être allongée. L’emprunteur rembourse alors moins chaque mois, mais potentiellement pendant beaucoup plus longtemps. Des intérêts supplémentaires et les frais liés à la nouvelle opération peuvent alors augmenter le coût total du financement. Le communiqué d’Ymanci insiste logiquement sur l’amélioration du budget mensuel, mais ne fournit pas de données permettant de comparer, pour les personnes interrogées, le coût total des anciens crédits avec celui du nouveau financement. Sur ce point pourtant essentiel, l’étude publiée ne permet donc pas de conclure.
Réduire de 30 % ses mensualités peut coûter cher
Qui effectue un regroupement de crédits ?
Le portrait dressé par OpinionWay est assez éloigné de celui d’un emprunteur nécessairement très jeune ou sans patrimoine. Plus de la moitié des personnes interrogées ont au moins 50 ans, les moins de 35 ans ne représentant que 24 % de l’échantillon. Sept sur dix vivent en couple et 41 % ont un ou plusieurs enfants. Surtout, 69 % sont propriétaires de leur logement. Les revenus sont également très dispersés : 42 % déclarent entre 24 000 et 42 000 € de revenus nets annuels, 33 % plus de 42 000 € et 25 % moins de 24 000 €.
Les classes moyennes largement représentées
La répartition socioprofessionnelle confirme cette diversité. Les actifs représentent 65 % des personnes interrogées. Les retraités comptent néanmoins pour 29 % de l’échantillon, les employés pour 23 %, les professions intermédiaires pour 20 % et les cadres et professions libérales pour 12 %. Le regroupement de crédits ne peut donc pas être réduit au seul traitement du surendettement. Il concerne également des propriétaires et des ménages disposant de revenus réguliers qui cherchent à modifier la structure de leur endettement.
Le poids des crédits ne se mesure pas uniquement en euros
L’étude aborde également un aspect moins souvent quantifié : les conséquences psychologiques des difficultés financières. Avant leur regroupement de crédits, 75 % des personnes interrogées déclarent avoir subi des répercussions sur leur santé ou leur vie familiale. Les troubles du sommeil sont cités par 53 % des répondants, les tensions au sein du foyer par 37 % et la dépression par 15 %. Après l’opération, 84 % déclarent que leur stress lié à l’argent a diminué. Ces chiffres reposent sur les déclarations des personnes interrogées et ne constituent évidemment pas une évaluation médicale de l’effet du regroupement de crédits. Ils montrent néanmoins à quel point une mensualité devenue trop lourde peut dépasser la seule question du budget.
87 % des emprunteurs satisfaits de leur regroupement
Le niveau de satisfaction ressort également très élevé : 87 % des personnes ayant réalisé l’opération se déclarent satisfaites et 28 % très satisfaites. Plus spectaculaire encore, 96 % indiquent qu’elles seraient prêtes à recommencer si cela devenait nécessaire et 94 % seraient disposées à recommander le regroupement de crédits à leur entourage. Ces résultats doivent toutefois être lus en gardant à l’esprit la nature de l’échantillon : OpinionWay interroge ici exclusivement des personnes ayant déjà réalisé un regroupement de crédits.
Rachat de crédits : regarder le coût total, pas seulement la nouvelle mensualité
Le regroupement de crédits peut donc réellement apporter de l’oxygène à un budget. Pour un ménage confronté à plusieurs remboursements devenus difficiles à supporter, retrouver plusieurs centaines d’euros de reste à vivre chaque mois peut être beaucoup plus important que la recherche du coût de financement minimal. Il peut même permettre d’éviter que la situation financière ne se détériore davantage. Mais présenter le rachat de crédits uniquement sous l’angle de la réduction des mensualités serait incomplet. Une baisse de 20 % ou 30 % du prélèvement mensuel peut être obtenue en repoussant simplement une partie de l’effort financier dans le temps.
Le bon calcul avant de signer
Avant d’accepter un regroupement de crédits, la comparaison pertinente ne porte donc pas seulement sur la mensualité avant et après l’opération. Il faut comparer la durée restante des crédits, leur coût total restant, le taux du nouveau financement, sa nouvelle durée, le coût de l’assurance, les éventuels frais de dossier, frais de courtage et, selon les opérations, les coûts liés aux garanties ou au remboursement anticipé des anciens prêts. Il faut également vérifier que la baisse des mensualités ne conduit pas quelques mois plus tard à contracter de nouveaux crédits à la consommation, ce qui reviendrait à reconstituer progressivement l’endettement que l’opération venait précisément de restructurer.
Le regroupement de crédits peut être utile, mais ce n’est pas de l’argent économisé
L’étude OpinionWay pour Ymanci montre finalement assez clairement l’intérêt principal du regroupement de crédits : acheter de la souplesse budgétaire. Pour 89 % des personnes interrogées, les mensualités ont effectivement diminué et une très large majorité estime que sa situation financière s’est améliorée. Mais une mensualité réduite ne doit jamais être confondue avec une économie. Le regroupement de crédits permet avant tout de restructurer une dette. Il peut améliorer considérablement le quotidien lorsque le taux d’effort est devenu trop élevé, simplifier la gestion du budget et parfois éviter une situation beaucoup plus difficile. La bonne question n’est donc pas seulement « combien vais-je payer chaque mois ? », mais également « combien cette baisse de mensualité va-t-elle me coûter au total ? ». C’est cette seconde donnée, absente du communiqué publié, qui permettrait véritablement de mesurer l’intérêt financier de l’opération.