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La Fed relève ses taux (+0.25% à 3.75% - 4%) face à une inflation persistante, une prochaine hausse déjà attendue

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La Fed relève ses taux (+0.25% à 3.75% - 4%) face à une inflation persistante, une prochaine hausse déjà attendue

Nouvelle hausse attendue des taux d’intérêts directeurs Etats-Uniens

Après plusieurs mois de statu quo, la Fed a relevé son principal taux directeur de 25 points de base, portant la fourchette cible des Fed Funds de 3,50 %-3,75 % à 3,75 %-4,00 %. Cette décision, prise à l’unanimité des membres du FOMC, intervient alors que l’inflation américaine reste nettement supérieure à l’objectif de 2 % de la banque centrale. Cette nouvelle hausse marque un changement important dans la trajectoire monétaire américaine. La Fed avait maintenu ses taux lors de ses cinq premières réunions de 2026. Elle recommence désormais à agir sur le coût du crédit, avec un objectif clairement affiché : empêcher que la remontée des prix ne s’installe durablement.

Pour les épargnants et les investisseurs européens

La politique de la Fed dépasse largement les frontières américaines. Des taux américains durablement élevés peuvent notamment soutenir le dollar, influencer les rendements obligataires mondiaux et modifier les flux de capitaux entre les différentes classes d’actifs. Pour les investisseurs européens, le niveau des taux américains constitue donc un paramètre supplémentaire à surveiller, au même titre que la politique de la BCE et l’évolution des taux obligataires européens. La principale question pour les prochains mois sera désormais de savoir si l’inflation américaine finit par ralentir suffisamment pour permettre à la Fed de maintenir ses taux sans poursuivre le resserrement monétaire, ou si la persistance de l’inflation sous-jacente l’oblige à relever encore ses taux. À ce stade, le message de la banque centrale est relativement explicite : la bataille contre l’inflation n’est pas terminée et le niveau des taux pourrait rester élevé plus longtemps que précédemment anticipé.

L’inflation américaine refuse de disparaître

Les dernières données d’inflation ont largement contribué au changement de ton de la Fed. En août, l’indice des prix à la consommation américain a progressé de 0,4 % sur un mois, après seulement 0,1 % en juillet. Sur un an, l’inflation est restée à 3,4 %. Mais c’est surtout l’évolution de l’inflation sous-jacente qui retient l’attention. Hors alimentation et énergie, les prix ont progressé de 0,3 % en août, soit leur plus forte hausse mensuelle depuis avril. Cette composante est particulièrement surveillée par les banques centrales car elle permet de mieux mesurer la persistance des tensions inflationnistes.

Evolution de l’inflation aux USA (rythme annuel, CPI) (c) FranceTransactions.com

La situation est donc différente de celle observée lors d’une simple poussée temporaire des prix de l’énergie. La hausse des prix s’accompagne toujours de tensions dans plusieurs catégories de biens et services. Les prix à la production ont eux-mêmes augmenté de 0,4 % en août, avec notamment une hausse de 1,1 % pour les biens.

Une nouvelle hausse des taux désormais dans les projections de la Fed

Le message envoyé par la banque centrale américaine est particulièrement important pour les marchés financiers. La hausse de septembre n’est pas nécessairement la dernière. Les nouvelles projections des membres du FOMC font apparaître une hausse supplémentaire de 25 points de base d’ici la fin de 2026. La Fed prévoit ensuite de maintenir ses taux en 2027 avant d’envisager une détente progressive à partir de 2028. Cette trajectoire est plus restrictive que celle envisagée quelques mois auparavant. En juin, les projections de la Fed intégraient déjà une hausse d’un quart de point en 2026, mais elles envisageaient ensuite une baisse en 2027. Le scénario présenté en septembre est donc celui d’une politique monétaire durablement plus restrictive.

Taux d’intérêts souverains US / 10 ans (c) FranceTransactions.com

La Fed relève également ses prévisions d’inflation

La persistance de l’inflation conduit la banque centrale à revoir ses propres prévisions. La Fed table désormais sur une inflation mesurée par l’indice PCE de 3,7 % en 2026, contre 3,6 % dans ses projections de juin. L’inflation PCE devrait ensuite ralentir à 2,3 % en 2027 puis 2,1 % en 2028. Le retour à l’objectif de 2 % ne serait finalement atteint qu’en 2029 selon les projections publiées après la réunion de septembre. Cette trajectoire illustre la difficulté rencontrée par la Fed : les tensions inflationnistes ne disparaissent pas suffisamment rapidement pour permettre une détente rapide des taux. La banque centrale souligne d’ailleurs explicitement que l’inflation reste élevée et que sa décision de relever les taux doit contribuer à permettre un retour plus rapide vers son objectif de 2 %.

Le risque d’un scénario de taux durablement élevés

Le principal changement pour les marchés n’est donc pas uniquement la hausse de 25 points de base annoncée en septembre. Il réside dans la perspective de taux directeurs durablement élevés. Un taux des Fed Funds compris entre 3,75 % et 4 % constitue déjà un niveau restrictif. Si une nouvelle hausse intervient, la fourchette pourrait atteindre 4 %-4,25 %. La question serait alors de savoir combien de temps la Fed devrait maintenir ce niveau avant de pouvoir commencer à réduire ses taux. Cette situation exerce une pression sur l’ensemble des marchés financiers. Des taux américains élevés rendent les obligations plus rémunératrices, augmentent le coût du financement pour les entreprises et peuvent peser sur la valorisation des actions, particulièrement lorsque celles-ci reposent sur des anticipations de bénéfices éloignées dans le temps. Le marché obligataire est également directement concerné. Une politique monétaire plus restrictive peut maintenir les rendements des obligations américaines à des niveaux élevés, ce qui contribue à renforcer l’attractivité relative des placements obligataires par rapport aux actifs plus risqués.

Une situation compliquée par les prix de l’énergie

La Fed doit par ailleurs composer avec une nouvelle source de pression inflationniste : l’énergie. La remontée récente des prix de l’énergie, notamment dans le contexte géopolitique au Moyen-Orient, complique la trajectoire de désinflation. Elle constitue un risque particulier pour la banque centrale : une hausse de l’énergie peut dans un premier temps faire progresser l’inflation globale, mais elle peut également finir par se transmettre à d’autres prix et aux anticipations d’inflation. C’est précisément ce second effet que la Fed cherche à éviter. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a ainsi indiqué à l’issue de la réunion que les risques pesant sur l’inflation étaient orientés à la hausse. Les nouvelles projections ont également intégré des perspectives d’inflation plus élevées pour les prochaines années.

Le dilemme de la Fed

La banque centrale américaine se retrouve donc face à un arbitrage délicat. D’un côté, l’économie américaine continue de progresser à un rythme jugé solide par la Fed. Les nouvelles projections tablent sur une croissance de 2,3 % en 2026, tandis que le taux de chômage devrait rester relativement stable. De l’autre, l’inflation reste trop élevée et sa composante sous-jacente montre encore une certaine résistance. La Fed ne peut donc pas simplement attendre que l’inflation revienne spontanément vers 2 %. Elle doit conserver une pression monétaire suffisante pour éviter une nouvelle accélération des prix. Cette situation explique pourquoi le scénario d’une nouvelle hausse des taux avant la fin de l’année s’est renforcé.

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