BforBank, en retard dans ses objectifs de croissance, devrait recevoir une rallonge financière du Crédit Agricole

Le marché des banques en ligne est redoutable, peu d’entre elles arrivent à ne pas être dans le rouge. BforBank, la banque en ligne du Crédit Agricole, lancée en 2009 est bien loin d’avoir atteint ses objectifs annoncés de 250.000 clients en 2015, deux plus tard, en 2017, elle n’en affiche que 180.000. Le Crédit Agricole devrait remettre 120 millions d’euros dans la banque en ligne afin de soutenir son développement, selon les informations relayées par Les Echos ce matin.

Publié le  à 0 h 0

Une rallonge de 120 millions d’euros sera-t-elle la clé de la réussite pour BforBank ?

Lors de son lancement BforBank était un site d’épargne en ligne à destination d’une clientèle haut de gamme et misait sur son offre de livret rémunéré. La banque espérait alors conquérir 250.000 clients en 2015 et devenir rentable en 2014.

La chute des taux d’intérêts en aura décidé autrement. Avec des taux d’épargne bas, et pourtant paradoxalement pas moins rémunérateur une fois l’inflation déduite, les épargnants ne sont que peu enclins à placer leur épargne de précaution. Les soldes de leurs comptes courants n’ont fait que grimper durant plusieurs années. Un non-sens qu’aucun financier ne peut comprendre. Mais cette notion de rendement net d’inflation est sans doute trop financière pour être perçue par l’épargnant novice.

Une rallonge de 120 millions d’euros

Le groupe mutualiste compte lever 120 millions d’euros pour accompagner le développement de sa banque en ligne BforBank. Celle-ci n’a été que ponctuellement bénéficiaire depuis son lancement.

Des détracteurs au sein des caisses régionales

Selon les Echos, ce projet fait grincer des dents dans les caisses régionales qui sont actionnaires à hauteur de 85 % de BforBank. Le solde du capital est entre les mains de l’organe central du groupe mutualiste, Crédit Agricole SA (CASA). Il faut dire que le groupe a déjà investi près de 170 millions d’euros dans sa banque en ligne depuis son lancement.

Compte tenu de cette nouvelle augmentation, la facture passerait à près de 290 millions d’euros, soit quelque 246 millions d’euros pour les caisses régionales. Dans une déclaration publiée la semaine dernière, la section du syndicat dans la Caisse Provence Côte d’Azur (le Sneca PCA) a demandé à sa direction de ne pas participer à l’opération qui coûterait près de 1,9 million d’euros à l’entité régionale. L’organisation dénonce la « fuite en avant des dirigeants pour soutenir à bout de bras BforBank, alors que cette banque en ligne est clairement positionnée en concurrent des caisses régionales  ».

A lire également